Bonjour,
je suis comédienne, donc, le trac, c'est... mon métier !!!
Mais si je l'éprouve avant de monter sur scène, je le ressens aussi lors d'un casting, d'une conférence, d'une interview, d'un entretien quelconque, comme par exemple quand je vais négocier un crédit auprès de mon banquier...
Et ce trac, lorsqu'il est important (souvent en raison de l'enjeu : quand je présente un spectacle que je maitrise et dont je sais qu'il fonctionne très bien, mon trac se réduit à une petite émotion pas désagréable...), peut amener des conséquences négatives sur la qualité de mon jeu (spectacle), ou sur mes capacités à me concentrer pour défendre ce que j'ai à défendre (entretien d'embauche, RV à la banque...).
Mais le trac, s'il est pour moi un élément nécessaire, un des moteurs de la bonne marche d'un spectacle, est pour un entretien au cours duquel je dois défendre un projet, un élément subi et dont j'ai du mal à percevoir le côté bénéfique.
Aussi, j'ai mes petites méthodes pour amoindrir ce trac, et en faire un allié, pour en garder si je peux, seulement les côté positifs.
Je m'échauffe physiquement avant un spectacle comme avant un entretien, une interview, etc : sans aller jusqu'à me préparer comme pour les JO, je travaille mes articulations, je m'étire, je saute, je cours... Je travaille beaucoup les muscles de mon visage : massage, grimaces à tire-larigot, exercices d'articulation. Je fais aussi des exercices de respiration et je chauffe ma voix : pour un spectacle comme pour une conférence ou un entretien, je suis beaucoup plus à l'aise quand ma voix est claire, que ma bouche est détendue, qu'il n'y a plus de tensions dans mon corps.
Je prends une douche et je choisis des vêtements/maquillage dans lesquels je me sens bien ET moi-même ET belle. Je me sens donc plus sûre de moi.
Je prépare mes affaires tranquillement la veille ou quelques heures en avance : cela évite de paniquer au dernier moment en recherchant désespérément telle jupe ou tel dossier...
Le trac est toujours là, mais j'ai pris le temps de penser à moi au lieu de ne penser qu'à l'échéance, et j'ai mis toutes les chances de mon côté pour que mon « apparition en public » soit réussie.
Je prépare et répète mes entretiens/conférence, en avance, pas à la dernière minute : sinon, le trac est là non parce que j'ai peur de ne pas donner tout ce que j'ai à donner aussi bien que j'en suis capable, mais parce que ce risque est important du fait que je ne suis pas assez préparée et que, donc, c'est un peu la roulette russe : avec un peu de chance (c'est à dire si le trac ne me submerge pas), j'ai théoriquement les capacités pour gérer au mieux...
Quand on se « connait » un peu, on n'oublie pas d'avoir de l'eau à porter de main si on sait qu'on a la bouche sèche avant de parler, ou des pastilles à la menthe, du déo dans le sac à main, des mouchoirs dans les poches, s'attacher les cheveux de façon à ne pas avoir envie de triturer sa mèche tout le temps...
Alors oui, le trac est toujours là mais... il est avec moi, non pas contre moi. Il me reste l'adrénaline dûe au doute : vais-je réussir ? Vais-je m'en sortir ? Et ce trac est moteur, il y a un enjeu, il faut bien le sentir passer, c'est ce qui donne aussi envie de continuer, de réussir et d'aller plus loin...
N'oublions pas aussi que le trac est une émotion qui se partage avec l'auditoire... difficile d'émouvoir un public parce qu'on sue à grosses gouttes et qu'on bafouille (ce serait plutôt de la pitié...!), mais la petite émotion perceptible en début de spectacle ou de conférence parce qu'on joue quelque chose d'important, parce qu'on donne de soi, si l'on est sincère, ne peut que rajouter un peu d'humanité au discours...
Et le public aime ressentir cette émotion... (je parle surtout pour les spectacles)
Espérant que mon expérience vous sera utile, je reste à votre disposition
Cordialement.